Échec & Mat

En rentrant le soir par un parc, je croise une personne âgée devant un jeu d’échecs. Celui-ci semble attendre un autre joueur. Nos regards se croisent, je le regarde, il me regarde.

Un challenge semble bien lancé dans nos yeux et je peux bien prendre le temps de jouer avant de rentrer chez moi. C’est donc parti pour quelques parties !

Les règles sont simples : trois parties de 10 minutes (pendule).

Première partie : Tonnerre de Brest !

Jeu avec les Noirs. La partie débute, nous nous évaluons mutuellement par quelques coups avec un jeu fermé. Défense contre défense. Aucun échange.

En quelques secondes, les hostilités sont lancées, une vingtaine d’échanges rapides s’effectuent suite à une attaque de mon adversaire et un blitz accepté. Au final, le verdict est sévère, clair et sans appel. Défaite écrasante après un magnifique retournement en quatre coups.

Verdict : Défaite par échec & mat

Seconde partie : Palsembleu !

Jeu avec les Blancs. J’ai bien compris que mon adversaire n’était pas un novice; les coups sont trop soignés et élaborés pour laisser place au hasard. Je joue donc particulièrement agressif pour obliger mon adversaire à échanger et le mettre sous pression. Comme disait un célèbre joueur d’échecs : « La menace est plus forte que l’attaque ».

Peine perdue, la partie s’enlise contre une défense abrupte qui me force à abandonner (il lui restait 5 minutes pour 1 minute de mon côté). De plus, mes troupes sont dispersées et aucune solution rapide ne s’offre à moi.

Verdict : Défaite par abandon

Troisième partie : Ô rage, ô désespoir

Jeu avec les Blancs à nouveau. Cette fois-ci, je tente ma stratégie fétiche. Celle que je ne sors que lors des « grands moments ». Ma meilleure attaque, mon petit coup secret, ma botte secrète. En général, elle déroute car à un niveau amateur et semi-pro, elle est très peu jouée. C’est un peu une attaque de l’ombre.

Le début est très classique mais la variante suivie est assez ancienne et démodée. Elle ne fait plus vraiment partie des « tactiques classiques ou modernes » étudiées. C’est donc une variation oubliée qui oblige souvent l’adversaire à réfléchir intensément pour la résoudre.

Manque de pot. Bien que surpris quelques secondes, mon adversaire s’adapte étonnamment bien. En fait, il m’a contré et la partie s’est ensuite enlisée sans que je ne parvienne à percer ou retourner sa défense.

Verdict : Défaite par dépassement de temps

Conclusion

Trois défaites d’affilée, même en étant pragmatique, ça réveille.

Sous son regard goguenard et ma mine déconfite, mon adversaire me redonne tout de même le sourire en me disant gentiment : « Aie du soleil dans ton coeur. Les parties étaient belles ».

Ceci dit, vu la fessée que je viens de me prendre, il va falloir que je me remette sérieusement aux échecs. Presque cinq ans que je ne joue plus vraiment. Je rouille.

 

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